
Consommation d'alcool
L'alcool est le produit addictif légal psychoactif le plus culturellement accepté dans nos sociétés. A partir de quand sa consommation devient elle néfaste pour la santé ? Quel est la limite entre consommation, addiction et alcoolisme ? Quelles stratégies développer pour diminuer ou arrêter ? Nous allons chercher des réponses à cela avec le docteur Christophe Rogier, médecin du travail spécialisé dans les conduites addictives
Avec Christophe Rogier, médecin du travail, spécialiste des conduites addictives. Animé par Antoine Conegero.
Transcription de l'épisode47 prises de parole
Générique
Bienvenue à vous, merci de nous rejoindre dans ce nouveau podcast Predicta.
Antoine
Bonjour et bienvenue dans ce podcast Predicta. Aujourd'hui, nous avons le plaisir d'accueillir le docteur Christophe Rogier, médecin spécialiste en prévention santé au travail pour parler d'alcool. Merci d'être avec nous Christophe.
Christophe
Merci et bonjour Antoine, merci pour cette invitation. Je suis très heureux que Prédicta consacre un épisode à l'alcool parce que l'alcool c'est probablement l'un des sujets de prévention les plus difficiles à aborder en France. Non pas parce qu'on manque de données scientifiques, mais parce que l'alcool est au croisement de la santé, de la convivialité, de ce qu'on dit de la culture, de l'économie lourdement et surtout l'objet d'un déni et de publicité importante pour entretenir la consommation malgré son impact négatif. L'alcool est la drogue la plus dangereuse, bien plus que l'héroïne ou le cannabis. Et pourtant elle est légale. Alors ce que je voudrais faire aujourd'hui, c'est parler clairement sans culpabiliser personne. L'objectif est de permettre à chacun de comprendre les risques de se situer et si besoin d'agir, mais aussi de déconstruire énormément de croyances qu'il y a autour de l'alcool sur la justification de son usage, etc.
Antoine
Justement pour commencer, pourriez-vous nous expliquer ce qu'est l'alcoolisme ? Parce que comme dans l'imaginaire collectif, on imagine quelqu'un accoudé au comptoir tout rouge et qui n'arrive pas à s'en défaire.
Christophe
Alors je préfère d'abord préciser un point de vocabulaire. Le terme alcoolisme est extrêmement utilisé, très utilisé et il est en fait stigmatisant. Et en médecine, on parle plutôt de mésusage d'alcool, de consommation à risque ou de troubles de l'usage de l'alcool. Et d'ailleurs le trouble de l'usage, c'est le mot qu'on devrait utiliser maintenant à la place de l'addiction. L'alcool est une substance psychoactive, il agit sur le cerveau. C'est une substance qui est licite, qui est socialement acceptée et même souvent encouragée, et bien qu'elle soit la drogue la plus dangereuse. Elle ralentit certaines fonctions cérébrales, elle modifie le jugement, elle désinhibe, elle altère les réflexes, elle altère la qualité du sommeil et la récupération, elle modifie les émotions et elle peut entraîner une dépendance, c'est-à-dire le fait qu'on ne puisse plus s'en passer, qu'on perde sa liberté par rapport à la consommation. Et elle modifie chez le buveur dépendant le sens même des mots qu'il utilise à son sujet. Et donc finalement quand on parle à quelqu'un qui a vraiment une dépendance, quelqu'un qui est entre guillemets dit alcoolique, et bien le sens des mots ne sera pas le même pour vous qui n'êtes pas alcoolique et pour lui. L'addiction ou le trouble d'usage de l'alcool, ce n'est pas seulement boire beaucoup, c'est quand l'alcool prend trop de place, quand on perd le contrôle, quand le besoin de boire devient irrépressible, que l'on ne peut pas l'empêcher et qu'il échappe à la volonté. C'est quand on continue malgré les conséquences pour tenir, se calmer, dormir, faire face ou faire la fête, et quand arrêter devient difficile. L'alcool n'est plus alors un plaisir occasionnel, mais un régulateur de vie. Et c'est là que le piège se referme.
Antoine
Nous avons parlé dans un précédent podcast que le tabac ajoute des récepteurs sur le cerveau. Est-ce que l'alcool, qui est une substance psychoactive, modifie aussi certaines choses au niveau du cerveau ?
Christophe
Alors, pas à ma connaissance, mais en revanche, ça modifie le fonctionnement cérébral, très clairement.
Antoine
D'accord. Alors, en France et dans le monde de façon générale, beaucoup de personnes consomment de l'alcool. À quel moment considère-t-on qu'une consommation d'alcool est addictive ? On sait qu'il y a des limites qui sont fixées à l'échelle nationale pour dire quelques grandes catégories, c'est-à-dire jamais boire deux jours de suite, ne pas dépasser il me semble dix doses d'alcool par semaine, ce genre de choses. Est-ce que c'est une question de quantité ou il y a autre chose ?
Christophe
Alors, il y a tout en fait. Toutes les personnes qui consomment de l'alcool ne sont pas dépendantes. Il faut distinguer plusieurs situations. La consommation occasionnelle, ce qu'on peut évoquer, la consommation à risque, c'est ce que tu viens d'évoquer, l'usage nocif et le trouble d'usage, on disait autrefois l'addiction. Il n'existe pas un seuil simple qui dirait en dessous tout va bien, au-dessus vous êtes dépendant. Ce n'est pas comme ça. L'addiction ne se définit pas seulement par la quantité, elle se définit d'abord et surtout par la relation aux produits. Qu'est-ce que je contrôle ? Est-ce que je contrôle ma consommation ? Est-ce que je peux m'arrêter facilement ? Est-ce que je bois malgré ses conséquences sur ma santé, sur mon sommeil, sur mon travail, ma famille, mes finances, ma sécurité ? Et est-ce que j'ai besoin d'alcool pour aller mieux et pour éviter d'aller mal ? Donc ça, c'est vraiment une question critique. C'est vraiment une question par rapport à la liberté. Est-ce que je suis dépendant ou pas ? Pour réduire les risques, les repères français ne sont pas plus de 10 verres standards par semaine, pas plus de 2 verres par jour et au moins 2 jours sans alcool dans la semaine. Donc ça, c'est toute la liste des préconisations. Juste pour dire les choses, ça, c'est une décision du ministère de la santé. Ce n'était pas l'avis exact des experts. Les experts disaient que zéro alcool, c'est vraiment le bon niveau de risque. Mais maintenant, il faut aller un peu plus dans les détails quand on dit 2 verres. Un verre standard, c'est quoi ? Un verre standard, c'est un verre qui contient 10 grammes d'alcool pur. Alors tout le monde n'a pas cette petite balance pour mesurer l'alcool pur. Alors à quoi ça correspond ? Et bien, un verre standard, ça correspond exactement à 25 centilitres de bière à 5%. Donc une bière à 10%, c'est 2,5 centilitres. Alors 1,5, ça compte donc pour 2 verres. Quand c'est d'une bière à 5%, etc. Quand c'est une bière à 10%, c'est 4 verres. Donc c'est 10 centilitres de vin ou de champagne à 12 degrés. C'est 5 à 6 centilitres d'apéritif et c'est environ 3 centilitres de spiritueux comme le whisky. Donc vous voyez qu'un verre standard, ce n'est pas beaucoup et on y est très vite. Donc vous voyez déjà, rien que la définition du verre et qu'on ne fait pas référence au verre standard, ça pose question. Voilà. En fait, quand on vous sert un verre de whisky, etc., on vous dit que vous êtes en grammes d'alcool dans votre pinte de bière. Bon, on y est vite et il faut être très clair, ce sont des repères de moindre risque. Ce ne sont pas des repères de zéro risque. Et le risque commence en fait dès le premier verre. Et dans des pays comme le Canada, par exemple, on dit que c'est toxique, c'est dangereux dès le premier verre. On ne tergiverse pas comme on le fait en France. Et ça, c'est un message essentiel. C'est-à-dire que la recommandation même du ministère de la Santé français est biaisée. Et je vais y revenir. Et les messages en bas des affiches qu'on voit dans les couloirs du métro ou sur les affiches dans les villes, disent « à consommer avec modération ». Est-ce que c'est un message de prévention ? Pas du tout. C'est un message publicitaire. Il incite à boire. Il y a marqué « à consommer ». Personne ne dit ce que c'est que la modération. Et quand on voit les recommandations au niveau national, on sait que ça, ces consommations-là, telles qu'elles sont préconisées, en tout cas les règles établies, n'empêchent pas d'augmenter les risques du cancer qui sont liés à l'alcool.
Antoine
Alors justement, en ce qui concerne les risques, on en parle beaucoup, on y reviendra un petit peu plus tard. Quels sont les facteurs, pour commencer, qui peuvent mener une personne à développer cette dépendance à l'alcool ? J'imagine que ce n'est pas juste une question de volonté ou de génétique ou autre.
Christophe
Alors effectivement, vous avez raison, ce n'est absolument pas simplement une question de volonté. Il ne suffit pas de dire à une personne dépendante, il suffit d'arrêter. C'est comme si, à peu près, si on voulait dire à quelqu'un qui se noie, il suffit de nager.
Antoine
Oh, c'est facile.
Christophe
Non, la dépendance, en fait, elle est multifactorielle. Il y a d'abord, et c'est vrai, une vulnérabilité individuelle, parfois d'origine familiale et génétique. Donc ça, ça existe. Il y a aussi l'âge du début. Plus on commence jeune, plus le risque de dépendance augmente. Et donc la petite goutte que le grand-père peut faire boire au petit enfant de 4-5 ans pour qu'il apprenne, c'est une grossière erreur. Parce qu'en réalité, ça commence déjà à marquer les choses et son cerveau. Et ensuite, il y a les traumatismes, l'anxiété, la dépression, les troubles du sommeil, l'isolement, les mauvaises conditions ou ambiances de travail. Ça aussi, ça peut jouer. Et il y a aussi la facilité d'accès aux produits. En fait, il n'y a quasiment aucune restriction en France pour les adultes. Et en réalité, il y a un contrôle peu efficace pour l'accès aux mineurs. Alors que normalement, on ne devrait pas vendre de l'alcool aux mineurs. Et il y a aussi les habitudes sociales, le prix, la publicité, les rituels festifs ou professionnels. Toute campagne visant à augmenter la taxation d'alcool est sévèrement combattue par les lobbies et en fait, est écartée par les parlementaires et par le gouvernement. En effet, le travail, quand on regarde maintenant le travail dans le cadre du travail, le travail lui-même, les conditions de travail, peuvent favoriser la consommation. Le fait d'être sous stress chronique dans le cadre du travail, les horaires atypiques, la pression sur la performance, les tensions relationnelles, les exigences émotionnelles, de voir faire bonne figure au travail, la solitude, les déplacements, les pots répétés, les repas d'affaires et aussi une certaine culture d'équipe pour la cohésion, les after work. Eh bien, ce sont des formidables occasions pour inciter à boire. Elle est de la responsabilité du manager, du leader ou de l'employeur de rendre ses collègues à l'aise de consommer autre chose que de l'alcool à ces occasions-là. En donnant l'exemple notamment, ou en reprenant ceux qui chambreraient une autre personne qui déclinerait un verre d'alcool. Et idéalement même, c'est de donner l'exemple. Ok, vous prenez ce que vous voulez, s'il y a de la bière, etc. Moi, je prends ça. Et ça, c'est un message qui est fort. On n'en est pas du tout là, vous le savez tous. Je pense que beaucoup ont cette expérience-là. Et il faut bien aussi se rendre compte que quand on arrive au stade de dépendance, l'alcool devient alors une béquille. C'est pour décompresser, pour dormir, pour oser parler, pour tenir. Mais c'est une béquille chimique qui finit souvent par fragiliser celui qu'elle prétend soutenir.
Antoine
Parlons justement des impacts sur la santé. Dans la culture populaire, on imagine souvent les méfaits de l'alcool exclusivement dans le cadre d'une consommation très importante, dans une consommation quotidienne. C'est le grand buveur avec un nez rouge, finalement. Mais à partir de quand l'alcool engendre-t-il des problèmes sur la santé, est-ce que ça peut présenter des risques pour les consommateurs vraiment occasionnels ?
Christophe
Alors c'est le célèbre Gnafron du Guignol lyonnais. C'est aussi le sujet de blagues, d'un nombre incroyable de blagues et d'humour sur le sujet. Ou les sketchs, il y a beaucoup de choses là-dessus. Donc c'est bien des idées reçues qui sont très tenaces. Et croire que les problèmes de santé commencent uniquement chez le grand buveur quotidien, ça c'est une grossière erreur. Les risques augmentent avec la quantité consommée, mais il n'existe pas, les risques existent dès même des niveaux faibles de consommation. Et l'OMS rappelle qu'il n'existe pas de seuil sous lequel la consommation d'alcool est totalement sans danger, notamment pour le risque de cancer. Donc le risque commence dès le premier verre.
Antoine
De quels cancers parle-t-on ?
Christophe
Tous les cancers, je peux y revenir, ce sont les cancers de la gorge, du foie, après les cirrhoses, de l'œsophage, ça agit en fait sur tout l'organisme. Et l'OMS peut être attribuable, en tout cas en partie au moins attribuable à l'alcool. Donc moins on boit, moins on prend de risque. Donc ça, on peut le deviner, mais c'est mieux de le dire, de dire que le risque commence dès le premier verre. Il y a d'abord des risques immédiats, alors même chez un consommateur occasionnel. En fait, dès qu'on boit un premier verre, rien qu'un verre, même à une dose, un verre standard, comme on disait, en fait, on sent qu'il y a un effet. Et c'est pour ça qu'on boit, parce qu'on se fait plaisir, on est un petit peu mieux, comme on dit. Dans ces cas-là, en fait, on augmente tout de suite le risque d'accident de la route. Il y a des pays où le niveau, c'est zéro d'alcool dans le sang qui est acceptable sur la route. On augmente le risque d'accident du travail, l'accident de chute, du chute de plain-pied, dans le couloir de sa maison ou de son entreprise. Ça augmente le risque de désinhibition, et ça, ça favorise la violence, les rapports sexuels non protégés, les décisions impulsives, dans le cadre du travail ou dans la vie de tous les jours, et la mise en danger. Et une consommation ponctuelle modérée peut suffire à provoquer un drame. Parce que justement, ça baisse un petit peu le niveau de vigilance. Il y a aussi les risques différés liés à la répétition dont je parlais des cancers. Il y a les maladies du foie, la cirrhose, les maladies du cœur, les maladies du cerveau avec les troubles cognitifs, donc les pertes de mémoire, les problèmes de concentration. Il y a aussi la dépression, les accidents vasculaires cérébraux, les AVC, l'obésité. En tout cas, il y a tout un tas d'effets d'alcool sur la santé physique et mentale qui sont importants. Et donc, il faut bien reconnaître que le risque zéro, c'est zéro alcool. Pendant la grossesse, l'allaitement, c'est indispensable. En tout cas, c'est recommandé comme tel. D'ailleurs, même sur les bouteilles de vin, c'est marqué, pas pour les femmes enceintes. Ça doit être interdit chez les enfants et les adolescents. Ça doit être interdit avant de conduire, même un seul verre. Et avec certains médicaments, ça peut avoir des effets qui sont... Enfin, ça provoque des effets qui rendent désagréables, enfin, des effets antabuse. En tout cas, c'est l'effet combiné de médicaments et de l'alcool qui peut rendre malade quand on combine les deux. Et en fait, c'est incompatible avec cette maladie. Et aussi et surtout, avec certaines situations de travail où la vigilance et la sécurité sont essentielles. Mais il faut savoir qu'en réalité, le Code du travail autorise la présence et la consommation de vin, de cidre, de poiré dans les entreprises. C'est-à-dire qu'une entreprise qui veut interdire cela, ça va à l'encontre du Code du travail. C'est-à-dire le poids, non pas de la culture, mais du fait que les législateurs ont fait adopter sous la pression des lobbies, je vais y revenir, le fait qu'ils puissent consommer. Et ça, c'est vraiment délétère. Et donc, c'est une bonne chose de pouvoir réguler ça dans l'entreprise. Et il est assez commun de commencer à boire en entreprise.
Antoine
On a commencé à aborder le sujet, mais peut-on rappeler les principaux effets de l'alcool justement sur la santé physique ?
Christophe
Alors, dès le début, l'alcool augmente le risque de plusieurs cancers, c'est ce que je disais. Ils sont nombreux, ces risques. Ça se manifeste longtemps après, bien sûr, le risque de cancer. Il y a un délai entre l'exposition au facteur et la suite du cancer. C'est le cancer de la bouche, de la gorge, de l'œsophage, du foie, du côlon, du rectum, des seins. Je disais qu'il favorise aussi l'apparition de l'hypertension artérielle. Ça augmente aussi le risque de pancréatite. Il y a en ce moment une explosion en France des pancréatites aigus qui tuent. Et en France, on considère que l'alcool est responsable d'environ 41 000 décès par an, environ 16 000 par cancer et près de 10 000 par maladie cardiovasculaire et aussi des milliers par maladie digestive, accident ou suicide. Le fait de prendre l'alcool favorise le passage à l'acte suicidaire.
Antoine
Donc, il y a tout ça qui joue.
Christophe
Et donc, c'est une des toutes premières causes de mortalité évitable en France et dans le monde. Et cela mérite mieux finalement que tous les euphémismes et toutes les blagues que l'on fait au sujet de la consommation. Et je rappelle, même un verre qui va simplement légèrement troubler l'attention peut provoquer un drame sur la route.
Antoine
Vous parliez de pancréatite en augmentation. Est-ce que c'est lié à une augmentation d'alcool de consommation dans la population ?
Christophe
Alors, la consommation d'alcool en France diminue. De mon point de vue, pas suffisamment. Du point de vue des industriels, de l'alcool et aussi d'une grande part de l'agriculture, des milieux agricoles et viticoles, ça diminue trop vite. Et d'ailleurs, effectivement, il y a une diminution de la consommation de vin en France, etc. Mais il n'y a pas que ça comme cause de pancréatite.
Christophe
Ici, le cadmium, ça peut être un autre sujet.
Christophe
Mais oui, c'est une cause de... Ça augmente le risque de pancréatite qui tue, oui.
Antoine
Très bien. Alors, ça, c'est pour la santé physique et quid de la santé mentale ? Est-ce que ça a eu une influence sur notre santé mentale ?
Christophe
Alors oui, là aussi, il faut être très clair. L'alcool peut donner l'illusion de soulager la souffrance psychique. Mais en réalité, il aggrave. En fait, il fait payer très cher le petit moment de soulagement que ça peut provoquer. En fait, il faut bien comprendre que l'alcool, c'est un très puissant anxiolytique, qui est gratuit, d'accès libre, pas besoin d'ordonnance. Mais qui fait payer très cher le bref soulagement qu'il offre. Il peut apaiser pendant quelques heures, puis en réalité, ça majore l'anxiété. Il perturbe le sommeil et en fait, il augmente la fatigue et diminue la récupération. Ça augmente l'irritabilité et au final, ça renforce le besoin de reconsommer. Donc vous voyez, on voit bien qu'entre un plaisir, le temps de prendre... Ça crée du plaisir, sinon on ne boirait pas d'alcool. Ça crée du plaisir, mais ça, on le paye chèrement. Et quand on est un peu attentif à ça, on s'en rend compte. Le lendemain, on n'est pas exactement le même que la veille, même si c'est après deux, trois verres seulement. En fait, l'alcool, la consommation d'alcool est associée à des troubles dépressifs et ça augmente le risque suicidaire, je l'ai dit. Il désinhibe et augmente l'agressivité et les conflits familiaux ou professionnels et les passages à l'acte, quels qu'ils soient. En entreprise, cela se peut se traduire par de l'absentéisme, du présentéisme inefficace, des erreurs, des tensions, une perte de confiance, des accidents ou finalement aussi une dégradation du climat collectif. Et il ne faut jamais réduire la personne à son comportement. Dans ces cas-là, il faut, derrière la consommation problématique, il y a souvent en fait une souffrance, une stratégie de survie devenue dangereuse et parfois un appel silencieux à l'aide pour faire face notamment, parfois, si c'est le cas, aux conditions de travail ou aux conditions sociales, aux modes de vie de la personne.
Antoine
Pour pouvoir appliquer une prévention efficace, est-ce qu'il y a des signes avant-coureurs qui pourraient alerter sur une consommation addictive d'alcool ?
Christophe
Oui, effectivement. Et ces signaux sont souvent connus par la personne elle-même avant d'être visible par l'entourage. En fait, pour la personne elle-même, le premier signal, c'est la perte de liberté. Quand je me dis ce soir, je ne bois pas et que je bois quand même, il y a un problème. Quand je me promets juste un verre et que je n'arrive pas à m'arrêter et que dès le premier verre, après, ça dérape complètement et que c'est toute la bouteille qui passe ou plusieurs bouteilles qui passent, là, il y a un problème aussi. Quand l'alcool devient nécessaire pour dormir, pour se détendre, pour parler, pour faire la fête, pour affronter une journée, pour récupérer d'une émotion, là aussi, c'est qu'il y a un problème. C'est-à-dire que dès qu'on voit qu'on ne peut pas prendre autre chose que de l'alcool, on se pose la question « Est-ce que je pourrais prendre autre chose ? » Dans le moment-là, « Ah, j'ai envie, j'ai envie de faire un peu plaisir. » « Est-ce que je suis obligé de prendre l'alcool pour me faire plaisir ? » Là, déjà, il y a un signal. D'autres signes que nous devons aussi alerter, c'est augmenter les quantités pour obtenir le même effet, bien sûr, donc la consommation va augmenter. C'est le fait de boire seul, le fait de boire en cachette. C'est aussi le fait, quand on est interrogé, de minimiser sa consommation, d'avoir envie de minimiser, instinctivement dire moins que la réalité. C'est avoir des trous noirs, parfois ne plus se souvenir. C'est boire le matin aussi, pour tenir. C'est être irritable quand on ne boit pas. C'est aussi rater des obligations, des réunions, des rendez-vous. C'est recevoir des remarques de proches, de collègues par rapport au fait qu'on a consommé, ou sa tenue vestimentaire qui se dégrade. C'est subir les conséquences de l'alcool sur sa santé, sur sa vie de couple, sur le travail et aussi sur sa sécurité. Et malgré ça, continuer à boire. Et un repère très simple consiste à se poser d'autres cas de question. C'est est-ce que j'ai déjà pensé que je devrais diminuer ? Est-ce que mon entourage m'a déjà fait des remarques sur ma consommation ? Me suis-je déjà senti coupable de boire ? Ai-je déjà eu besoin de boire le matin pour me remettre d'aplomb et me mettre en marche ? Et une seule réponse positive à ces questions-là doit inviter en fait à s'interroger, à en parler et en fait à demander de l'aide pour essayer de s'en sortir.
Antoine
Alors, au niveau individuel, pour des personnes justement qui se poseraient ces questions et qui souhaiteraient réduire voire arrêter leur consommation d'alcool, quels conseils pouvons-nous leur donner ? Vers qui peuvent-elles se tourner pour obtenir de l'aide notamment ?
Christophe
Alors le premier conseil, c'est de ne pas attendre d'être au fond du trou. Si on répond positivement aux quatre questions que j'ai évoquées tout à l'heure, c'est on peut demander de l'aide simplement parce qu'on se pose des questions et c'est déjà le meilleur moment en fait. C'est de dire là j'ai vu que j'avais du mal à résister donc là c'est la première chose. On peut en parler au médecin ou à d'autres. Et là il faut bien comprendre que l'environnement dans lequel on vit en France n'est pas favorable. Il n'y a pratiquement pas de campagne contre l'alcool promue par les pouvoirs publics. Tous les lobbies viticoles et les producteurs de l'alcool sont influents dans la société, sur les élus et sur l'État. Par exemple, le défi de janvier qui consiste à tenter de ne prendre aucun verre d'alcool au cours d'un mois après les fêtes a prouvé largement son efficacité. Il y a plusieurs articles scientifiques qui nous montrent pour diminuer ou arrêter la consommation d'alcool. D'où l'importance d'ailleurs des actions des lobbies pour empêcher les campagnes en faveur de ce défi de janvier. Ceci dit, on peut aussi faire un défi de février, un défi de mars. Les défis de juillet et d'août sont manifestement plus difficiles à considérer. Mais en tout cas, il y a toute occasion où on peut essayer de se tester. Est-ce que je suis capable d'arrêter de boire, d'arrêter de boire tel jour, une semaine, etc. Et au niveau individuel, c'est ça, on peut se fixer des objectifs. Le mieux, c'est d'essayer de se fixer des objectifs réalistes. réduire, faire une pause, arrêter quelques jours, quelques semaines et surtout éviter certaines situations. Retrouver des jours sans alcool et trouver la manière de survivre et d'éviter de prendre le verre qu'on vous tend parfois avec insistance. Et dans ce cadre-là, tout progrès compte. On peut commencer par mesurer sa consommation réelle, de faire le point avec soi-même parce qu'on sous-estime très souvent ce que l'on boit. Et donc là, il y a un alcoomètre sur le site Alcool Info Service qui permet, par exemple, de faire le point sur sa véritable consommation. Sur le plan pratique, il faut prévoir, l'idéal, c'est de prévoir des jours sans alcool. Ne pas stocker d'alcool à la domicile si c'est ça le déclencheur. C'est alterner la boisson avec de l'eau, par exemple, aromatisée, quelque chose qui donne du plaisir, qui soit agréable sans qu'il y ait forcément de l'alcool. C'est éviter les situations à risque et quand on sait qu'on risque de déraper, les éviter ces situations-là. C'est préparer des réponses aux sollicitations sociales où on vous presse à prendre le verre qu'on vous tend pour trinquer et en fait, on peut très bien trinquer avec un verre d'eau, mais évidemment, certains vont faire des mauvaises réflexions.
Antoine
Donc, c'est lutter contre ça. Justement, sur ce sujet-là, pour moi, une grosse difficulté dans le cadre de gérer sa dépendance à l'alcool, c'est justement qu'on a façonné et construit nos relations sociales, même notre quotidien, autour de ce genre de situation. Comment on peut faire pour... limiter ça, arrêter ?
Christophe
Absolument. Mais lever un verre pour célébrer quelque chose, on peut le faire. Qu'est-ce qui empêche de faire avec un jus de pomme ? Même avec un jus de raisin non fermenté pour donner l'apparence. Ça, c'est un moyen de détourner, d'échapper à la vindicte populaire.
Antoine
C'est ça.
Christophe
Une limonade un peu teintée, c'est un des moyens. S'il y a plein de cocktails, heureusement, sous la pression et la demande, heureusement, les comportements changent, dans énormément, dans la quasiment totalité des débits de boissons, on peut trouver non seulement des boissons sans alcool comme de la bière sans alcool, du tout, ou des cocktails, des mocktails, comme on dit, qui permettent de faire avec les autres sans faire comme les autres pour ce qui est de la consommation. Donc, voilà. Mais il ne faut pas hésiter à le faire. Il faut bien être conscient de cela.
Antoine
Et est-ce qu'on peut y arriver tout seul ?
Christophe
Alors, on peut essayer d'y arriver tout seul, mais c'est très difficile. C'est pour ça d'ailleurs que l'alcoolisme, que l'alcool est la drogue la plus dangereuse. C'est qu'elle modifie très profondément la relation aux autres et la relation au monde. Et ça, c'est la transformation cérébrale qui est en jeu. Et ça, c'est vraiment ce qui est difficile. Donc, je dirais que ça, c'est ce qui rend le défi particulièrement difficile. On peut se faire aider. Une manière de se faire aider, c'est lorsqu'on va sortir par exemple en soirée avec des amis, et bien qu'on ait amis à côté de soi qui nous aident à tenir, qui prennent le verre ou qui reprennent celui qui insiste à faire prendre un verre de whisky, un verre de champagne, laisse-le tranquille, il a déjà sa boisson. Se faire aider en fait, ne pas être tout seul face à la difficulté. Ça, c'est un moyen aussi de se faire aider très concrètement par quelqu'un à côté de soi qui vous serve de gardien en fait. Et en tout cas aussi trouver d'autres moyens de gérer le stress ou l'ennui parce que c'est aussi souvent ça. En fait, il faut trouver la cause initiale et ce que l'alcool permet entre guillemets de compenser sans supprimer complètement et au prix en fait d'effets qui sont délétères. Donc, il faut s'entourer. Et là, il y a pas mal de ressources en France malgré tout, heureusement. Il y a les médecins traitants, bien sûr. Le médecin du travail dans le cadre de l'entreprise peut servir à dépister et orienter. et aussi les addictologues avec des consultations qui sont remboursées par la Sécurité sociale. Ça peut être un psychologue, ça peut être ce qu'on appelle les CSAPA, les centres de soins et d'accompagnement et de prévention en addictologie. Il y en a dans toute la France. Il y en a un forcément pas loin de chez vous donc c'est facile à trouver sur Internet. Il y a les services comme Alcool Info Service sur Internet. Il y a tout un tas aussi d'associations d'entraide là-dessus, y compris professionnels. Il y avait une association pour les PTT par exemple contre l'alcoolisme, plein de choses. Il existe de nombreuses ressources donc et demander de l'aide ce n'est pas faire un aveu de faiblesse. En fait, c'est souvent le premier pas qu'on va faire pour reprendre le contrôle sur une situation qui est non seulement coûteuse et dangereuse car c'est la drogue la plus dangereuse.
Antoine
Alors, si je souhaite maintenant consulter un médecin pour arrêter l'alcool, comment ça se passerait ?
Christophe
Une consultation doit être d'abord un espace de confiance et de compréhension. Ça, c'est pour toutes les consultations médicales. Donc, le médecin n'est pas là pour sermonner, il est là pour comprendre, évaluer les risques et construire avec le patient une stratégie pour l'aider. Et ça se construit avec, ça ne s'impose pas. Concrètement, on commence par quantifier la consommation, combien, à quelle fréquence, dans quelle situation, avec quels effets recherchés. Il faut comprendre la situation. On recherche aussi les signes de troubles d'usage, la perte de contrôle, l'impulsion irrépressible ou le craving, en fait, quand on ne peut pas et qu'on va sortir en pleine nuit pour en trouver. La tolérance, le fait de devoir augmenter les doses pour avoir le même effet. Les symptômes de manque, qu'est-ce qui se passe quand je n'en ai pas ? Il faut savoir que l'alcool, c'est tellement dangereux que si quelqu'un qui est vraiment dépendant de l'alcool et qu'il arrête brutalement, il peut mourir de ne pas avoir sa dose d'alcool. Ça s'appelle le delirium tremens et là, c'est dangereux en réalité. À ces moments-là, le sevrage, l'arrêt, doit être fait en condition d'hospitalisation pour donner tous les traitements pour éviter que les gens ne meurent de l'arrêt d'alcool. C'est vous dire à quel point c'est pervers. Donc pour une activité culturellement et socialement encouragée, ça pose un problème.
Antoine
Il y a d'autres drogues qui ont cet effet quand on arrête ?
Christophe
Non, pas comme ça. Quand on va arrêter une héroïne, il y a des souffrances mais ça ne tue pas. L'alcool, oui. L'alcool est tellement pervers qu'on peut mourir d'arrêter. Il faut bien prendre conscience de... Il faut remettre l'alcool à sa place et l'alcool, c'est le verre de vin. Le vin, c'est l'alcool. Le cidre, c'est l'alcool. Le poiré, c'est l'alcool. La bière, c'est l'alcool. Et l'alcool à 70 degrés pour certains mondes dans le monde du soin qui consomment aussi, c'est l'alcool. De liberté qui est perdue dans la pratique du patient. Il faut aussi évaluer l'anxiété, tout ce qui va autour, la dépression, le trouble du sommeil. Les autres consommations parce que très souvent l'alcool va avec d'autres consommations. Ça va souvent avec le tabac, ça va avec d'autres drogues. Les médicaments et les antécédents, y compris familiaux. La consommation d'entourage aussi. C'est que vouloir arrêter de consommer l'alcool si tout le reste de la famille consomme, ça va poser problème. Donc parfois, il faut aborder la question de façon du groupe à quel on appartient. Et là, c'est important aussi de regarder comment ça se passe pour le corps de l'entreprise. Quand dans l'entreprise, on fait la promotion de ça ou quand le métier, c'est de vendre de l'alcool ou être dans un débit de boisson, dans un restaurant, c'est problématique. Et donc en réalité, il faut être formé à continuer à faire son métier en évitant de consommer. Et ça, c'est la société de l'individu mais surtout de l'employeur de préparer à cela. Et donc le médecin, lui, peut proposer des choses, des différentes choses pour objectif, soit la réduction, soit l'arrêt, donc réduction du risque, c'est toujours ça de pris, réduire le risque ou l'arrêt total. Et les deux peuvent être pertinents suivant la situation et suivant la capacité et l'environnement du patient. Et si la dépendance est importante, il vaut mieux ne pas arrêter brutalement seul parce que je disais tout à l'heure, ça peut être dangereux pour le patient. et le médecin peut proposer plusieurs suivis. Et d'abord, l'approche, c'est ce qu'on appelle un entretien motivationnel qui va partir d'où est la personne pour essayer de l'aider à faire le choix mais pas à l'imposer, simplement en l'interrogeant, en posant des questions pour que lui, il se décide à faire le premier pas et engage la démarche. Ça peut être des prescriptions de bilans biologiques pour objectiver les problèmes avec des indicateurs, des marqueurs hépatiques notamment et aussi pour proposer des traitements pour le sevrage. Ça existe. Il y a des médicaments qui permettent de couper l'envie ou l'effet de l'alcool, ce qui permet de couper la raison finalement de prise d'alcool. Ça peut passer par des cures, des cures de sevrage qui vont durer quelques semaines qui sont plutôt favorables. Ça permet de se rendre compte des bienfaits de l'arrêt et de se rendre compte qu'on peut vivre sans et trouver des déchaudons. de rebondir. Et parfois, on doit s'y reprendre à plusieurs fois parce que ça aussi, c'est un peu comme le tabac, c'est parfois extrêmement difficile d'y échapper. Et donc, voilà, même si on rechute, il y a certaines associations qui préconisent l'arrêt total, les alcooliques anonymes font ça et qui soutiennent pour cela. Mais aussi, en France, on a aussi une politique ou en tout cas une option de faire simplement réduire le risque en réduisant la consommation, c'est toujours ça de pris, et y arriver petit à petit. Donc, il y a différentes options. En fait, pour chacun, pour chaque patient, il faut trouver le chemin qui est le plus adapté à sa personnalité. C'est ça, il faut s'adapter à la personne et faire cela de façon professionnelle et sans jamais stigmatiser car c'est d'abord une maladie.
Antoine
Personnellement, je ne connaissais pas ce type de médicaments qui permettent de couper l'envie. Est-ce que c'est récent ?
Christophe
Ça date de quelques années. C'est des médicaments pour lesquels son usage a été difficile de faire accepter et de faire rembourser.
Antoine
C'est dire la puissance des lobbies. Merci beaucoup docteur pour toutes ces précisions. Pour le mot de la fin, avez-vous un message que vous aimeriez faire passer et que vous trouvez particulièrement important ?
Christophe
Oui, le message que je voudrais faire passer est assez simple. C'est avec l'alcool, le problème n'est pas simplement de savoir si on est alcoolique ou non. Cette question arrive souvent trop tard. La vraie question qui est beaucoup plus utile à mon point de vue, c'est quelle place l'alcool prend dans ma vie ? Première question pour soi-même. Est-ce qu'il me sert encore ou est-ce qu'il commence à me diriger ? Est-ce qu'il m'impose de faire des choses ? Et ça, c'est très facile de se tester. Mais parfois, il faut avoir suffisamment de courage et être suffisamment bien pour se tester. Donc, ce n'est pas toujours une marche qui est facile à passer. Et donc, l'alcool, pour moi, c'est un produit qui est culturellement vraiment intégré et qui est biologiquement extrêmement puissant contre lequel il est très difficile de lutter. Il peut facilement abîmer la santé, il abîme les relations quasiment toujours, la sécurité, le travail aussi, et toujours longtemps avant que la personne ne se reconnaisse elle comme dépendante. Donc, il ne faut pas attendre ce moment-là en fait. C'est dès le premier verre que je prends du plaisir parce qu'il y a du plaisir. Ok, est-ce que je peux m'en passer ? Est-ce que je peux prendre plaisir autrement ? Simplement, on se pose la question. Et chaque auditeur pourra se dire ok, c'est quoi mon niveau de dépendance psychologique par rapport à l'alcool ? Et mon message final, ça serait plutôt moins on boit, moins on prend de risque, ça c'est sûr. Et quand on sent que l'alcool prend trop de place, il faut en parler tôt, il faut se faire aider et ce n'est pas dans la honte, ce n'est pas dans le silence, ce n'est pas dans la culpabilité, il n'y en a pas à en avoir. Et la santé, la santé notamment au travail, la prévention commence par là, c'est là, j'ai besoin d'aide. Et cette phrase peut sauver une vie. Alors ça c'est quand on a la force morale ou la présence d'esprit pour le faire. Et je dirais pour tous ceux qui observent cela chez un proche, il faut tendre la main. Il faut se faire aider et sur les sites comme Alcool Info Service, il y a tout un tas de conseils pour les proches, pour les collègues de travail, pour les gens de la famille, pour savoir comment aborder la question initialement, mais aussi pour savoir comment accompagner ces personnes-là, ces patients-là, ces gens qui sont malades de l'alcool, de la prise d'alcool et à cause de l'alcool et comment les accompagner malgré toutes les difficultés relationnelles que la prise d'alcool introduit dans les relations inter-humaines. Donc c'est un défi, mais c'est un défi qu'on peut relever avec beaucoup d'humanité et je dirais de fraternité au sein des familles et dans tous les milieux dans lesquels on trouve des personnes qui ont ce problème-là et qui sont victimes finalement de ce qu'on appelle notre culture.
Antoine
Top. Nous vous mettrons en lien avec ce podcast toutes ces références justement. Merci beaucoup.
Christophe
Merci à vous.